Bruno Major, ou l'art de faire pleurer les guitaristes sans en avoir l'air
Bruno Major : la poésie à portée de doigts
Quand Swan tombe amoureux d'un son, Palf sort le pedalboard
En 2013, par le plus grand des hasards, (et surtout grâce à tonton) Swan se retrouve dans les coulisses du Grand Journal sur Canal+. Au détour d'une conversation avec les gars de London Grammar fort opportunément de passage, un certain Dominic Major lui parle de son grand frère qui vient tout juste de déménager à Londres : "J'espère que ça va bien se passer pour lui ..."
Le grand frère en question, c'est Bruno Major. À l'époque, personne ne sait encore qui il est, et peut-être pas même lui ...
Douze ans plus tard, Swan convainc Palf de lui consacrer une vidéo entière. Et moi je retranscris librement pour votre plus grand bonheur leur plongée dans l'un des sons les plus élégants et immédiatement reconnaissables de la pop contemporaine. Faites chauffer le Deluxe Reverb, ça va flotter.
BRUNO MAJOR, LA GENESE D'UNE INTIMITE SONORE
Né en juillet 1988 à Northampton, en plein cœur de l'Angleterre (pas la ville la plus rock'n'roll du Royaume-Uni, convenons-en), Bruno Major grandit avec la musique comme seule boussole. Il étudie à la Leeds Academy, en sort diplômé, et déménage à Londres en 2011, pour tenter l'aventure. A 23 ans, c’est le grand saut. Le pari de ceux qui n'ont pas vraiment le choix, parce que la musique, c'est pas une option, c'est une condition.
Comparaison qui n'est pas anodine, comme Jeff Buckley avant lui, il est d’abord un sideman. Il accompagne, il arrange, il joue pour les autres. Pianiste, guitariste, chanteur, compositeur, parolier, arrangeur, la liste est longue, maitrisant chaque case avec élégance. Le jeune homme est déjà fort agaçant ...
Il accompagne notamment Lalah Hathaway, grande dame de la soul contemporaine, (allez voir sa vidéo avec Snarky Puppy, émotions fortes garanties). Pas parce que c'est très technique, ça, on s'en fiche un peu, mais parce que c'est de l'art chimiquement pur. Bruno Major sait reconnaître ça.
Et surtout, il sait l'absorber.
Pendant tout ce temps passé dans l'ombre, il accumule. Il écoute, il digère, il ponce les instruments comme pas permis. Et ses influences s’enrichissent à vue d’oeil.
Joe Pass. Si ce nom ne vous dit rien, on vous fera bientôt un épisode dédié ! Il s’agit simplement de l’un des guitaristes les plus importants de toute l'histoire du jazz. Un homme à la vie compliquée, un père qui le faisait travailler du matin au soir, une dépendance à la drogue, des rehabs, des années perdues. Mais comme souvent, ce destin brisé accouche d’un musicien profond et absolument bouleversant. Il est le roi du chord melody, cette façon de faire cohabiter la mélodie et les accords dans un flux naturel et conversationnel, comme si la guitare pensait toute seule. Quand vous voyez Swan planter un accord puis glisser deux ou trois petites notes qui s'y fondent parfaitement, c'est cet héritage-là. C'est Joe Pass. Et c'est ce que Bruno Major a digéré et réinterprété à sa propre sauce.
Cole Porter. Prononcé à la française ça donne colporter, haha c'est drôle ... bref passons ^^ Cole Porter c'est la belle chanson américaine de la première moitié du XXe siècle. Elégante, mélancolique, harmoniquement riche, qui s’inscrit dans le contexte tendu de l'entre-deux-guerres. C'est lui aussi un homme à la vie romanesque et douloureuse : bisexuel et marié, de multiples aventures, un accident d'équitation qui lui broie une jambe, puis l'autre, et une mort en 1964 pendant une opération. Des gens qui ont de l'histoire dans le corps. C'est précisément chez ces gens-là que Bruno Major va chercher sa matière.
Ce double héritage, le jazz instrumental de Pass, la chanson sophistiquée de Porter, explique l'équilibre particulier de sa musique. Des progression très travaillée, des dominantes secondaires partout, des emprunts à tous les étages. Et pourtant ça coule, simplement. Ça ressemble presque à quelque chose que vous auriez pu écrire, jusqu'à ce que vous essayiez de le jouer et que vous réalisiez que non, pas du tout, pas même en rêve.
Parce qu'il faut bien cocher une case, il est classifié R&B par les plateformes. Son univers est en réalité à la croisée du jazz, de la pop indie, du folk et de la chanson. On pense parfois à Broadway, cette façon qu'ont ses suites d'accords de s'enchainer sans heurts tout en empruntant des chemins de traverse. C'est un improvisateur qui ne joue jamais ses morceaux deux fois de la même façon. Et c'est un parolier d'une finesse rare. Il y a quelque chose de presque baudelairien dans ce qu'il écrit, un spleen teinté d'élégance et d'humour britannique pince-sans-rire qui ne trompe pas.
Le son de Bruno Major est immédiatement identifiable. Propre, très légèrement saturé, fortement modulé, un vibrato omniprésent, avec une patine lo-fi qui donne l'impression que le morceau existe depuis toujours. En studio, il désacralise les prises. Des enregistrements dans la salle de bain, des micros plantés n'importe comment, des IQ drastiques, des bruits de fond assumés. Quand on lui demande comment il fait tel son, il répond simplement : "Dans ma cuisine."
Il n'y a rien d'accidentel là-dedans. C'est une esthétique, pas une erreur. Et c'est ce qui rend le personnage aussi fascinant.
Il a tout appris dans les règles, et il s'en sert pour faire délibérément le contraire.
LES 3 ALBUMS DE SA DISCOGRAPHIE PERSONNELLE, IL N'Y EN A PAS D'AUTRES !
2017, le concept nait d'une contrainte volontaire : Bruno s'impose une deadline permanente. Pendant un an, une chanson par cycle lunaire, écrite, enregistrée et publiée chaque mois. Produit en collaboration avec son complice de longue date Phairo (Finlay Robson), l'album est entièrement auto-produit, enregistré chez lui à Londres. Le morceau Easily fut l'un des plus difficiles à finaliser. Ils repartent de zéro une nuit, ivres, quelques jours avant de partir pour New York. Le single Easily sera certifié platine aux États-Unis, or au Canada et en Australie, propulsant l'album au-delà de 200 millions de streams. Premier album, et déjà une œuvre.
Bruno Major assure lui-même l'intégralité de la production, de l'écriture et du mixage. C'est Finneas qui a contacté Bruno Major en premier, fan du premier album, pour proposer une collaboration, ce qui donnera The Most Beautiful Thing. Le morceau Old Soul est co-écrit avec Xamvolo, construit autour d'un beat de batterie que Bruno Major a lui-même enregistré sur un vrai kit, une première pour lui. Nothing sera certifié or aux États-Unis et atteindra la 63e place des charts irlandais. L'ascension la plus silencieuse et la plus méritée du moment. L'album sort le 5 juin 2020 via Harbour et AWAL Recordings, en plein confinement mondial.
Quand le Covid frappe en 2020, Bruno Major se retrouve confiné chez ses parents à Northampton, face à une page blanche, suivie rapidement d'une crise personnelle profonde. C'est de là que naît Columbo, sorti le 14 juillet 2023. Écrit en grande partie à la guitare acoustique, produit avec son collaborateur de toujours Finlay Robson alias Phairo, l'album est salué pour sa profondeur lyrique et son amplitude musicale. Douze titres, dont Trajectories, piano-voix dévastateur en fin d'album, et Tears in Rain, dédiée à sa grand-mère. La tournée qui suit est sold-out dans 54 villes, 22 pays, avec plus de 70 000 spectateurs.
A SONG FOR EVERY MOON
2017, le concept nait d'une contrainte volontaire : Bruno s'impose une deadline permanente. Pendant un an, une chanson par cycle lunaire, écrite, enregistrée et publiée chaque mois. Produit en collaboration avec son complice de longue date Phairo (Finlay Robson), l'album est entièrement auto-produit, enregistré chez lui à Londres. Le morceau Easily fut l'un des plus difficiles à finaliser. Ils repartent de zéro une nuit, ivres, quelques jours avant de partir pour New York. Le single Easily sera certifié platine aux États-Unis, or au Canada et en Australie, propulsant l'album au-delà de 200 millions de streams. Premier album, et déjà une œuvre.
TO LET A GOOD THING DIE
Bruno Major assure lui-même l'intégralité de la production, de l'écriture et du mixage. C'est Finneas qui a contacté Bruno Major en premier, fan du premier album, pour proposer une collaboration, ce qui donnera The Most Beautiful Thing. Le morceau Old Soul est co-écrit avec Xamvolo, construit autour d'un beat de batterie que Bruno Major a lui-même enregistré sur un vrai kit, une première pour lui. Nothing sera certifié or aux États-Unis et atteindra la 63e place des charts irlandais. L'ascension la plus silencieuse et la plus méritée du moment. L'album sort le 5 juin 2020 via Harbour et AWAL Recordings, en plein confinement mondial.
COLUMBO
Quand le Covid frappe en 2020, Bruno Major se retrouve confiné chez ses parents à Northampton, face à une page blanche, suivie rapidement d'une crise personnelle profonde. C'est de là que naît Columbo, sorti le 14 juillet 2023. Écrit en grande partie à la guitare acoustique, produit avec son collaborateur de toujours Finlay Robson alias Phairo, l'album est salué pour sa profondeur lyrique et son amplitude musicale. Douze titres, dont Trajectories, piano-voix dévastateur en fin d'album, et Tears in Rain, dédiée à sa grand-mère. La tournée qui suit est sold-out dans 54 villes, 22 pays, avec plus de 70 000 spectateurs.
LE MATOS DE BRUNO MAJOR : CONTRE-EMPLOI ET CHEMINS DE TRAVERSE
On en arrive enfin à la section qui nous interesse, le matos ! Et je peux déjà vous dire que vous allez être servis ...
En ce moment, sa guitare principale de scène est une Les Paul avec des P90 équipée d'un vibrato Bigsby qu'il utilise finalement assez peu, les voicings se suffisant à eux mêmes. Dans certains lives, on le voit tendre la main vers le vibrato, le frôler, se raviser et le laisser tranquille. Deux millimètres d'intervention pour dix secondes de charme involontaire. C'est tout lui. On voir aussi passer à l'occasion une black beauty. Que du très très sexy ...
Mais évidemment, Bruno Major est aussi (et surtout) un amoureux des corps creux et demi-caisse. Logique pour quelqu'un qui vient du jazz. On le voit régulièrement avec des L5 Gibson, de ES-175 et bien sur des 335, tous les classiques absolues du jazz électrique, et plusieurs D'Angelico EXL-1 d'une résonance bouleversante. Une Telecaster Thinline en simple bobinage apparaît aussi en studio (il faut toujours une telecaster). Plusieurs acoustiques enfin, très présentes sur les albums.
Son ampli de référence, celui que le rend heureux, qu'il a décrit comme lui permettant d'accéder à l'épiphanie sonore, est le Fender Deluxe Reverb 65 Blackface. Swan l'avoue : en l'entendant, il s'est senti profondément conforté dans son propre goût. On le voit aussi avec des Supro, notamment la Black Magic Head, réplique de l'ampli de Led Zeppelin, et il la fait sonner comme personne. On a pu le voir aussi avec un Vox AC30 à l'occasion. Et souvent, on voit aussi passer des rigs un peu bâtards avec plusieurs amplis en même temps (Supro + Deluxe), parce que pourquoi faire simple ? En tous cas, il a sa patte, il a son son, il sait régler ses amplis comme personne.
C'est là que ça devient vraiment intéressant. En revanche, en studio, la coloration Lo-fi ne vient pas des pédales. Elle vient de la production : des bruits de vinyle ajoutés sur les prises, des EQ drastiques, des bruits blancs, des saturations de bande appliquées après coup. La guitare elle-même peut aussi être intentionnellement salie dans le jeu. C'est pas propre, c'est le bordel, mais ça reste toujours très joli et élégant. Et c'est dans la cuisine au sens propre comme au sens figuré, que la magie opère.
En revanche, pour le live, Swan a pu trouver une photo de son pedalboard de 2023 (prise de loin, zoomée par un fan). On y découvre un board sobre et très pensé. Et une pédale soigneusement emballée dans du scotch, qu'on devine sans pouvoir l'identifier. Mystère volontaire ou secret bien gardé, on ne saura probablement jamais.
Le delay est présent à ses pieds sous forme d'une Boss DM-2 Waza Craft, le delay analogique de référence. Pas de delay long, pas d'effet de scène. Juste de la chair autour du son.
La C2L7BRE Strymon Flint est là, combinaison reverb et trémolo, chaleureuse malgré sa nature numérique. Pour la reverb, on développe un peu plus loin. La vibe est quant à elle omniprésente, sur scène comme sur album. Elle doit donc impérativement faire partie du package. Le board Palf propose, la Lo-Fi junky qui peut à elle seule remplir la fonction de vibrato légèrement dissonant + Compression + Tone pour couper les aigues. C'est bien si on ne peut avoir qu'une pédale. Mais on y trouve aussi une proposition alternative qui décompose ce son en 3 éléments distincts, pour plus de contrôle.
- La ParaEQ deluxe de Empress est là pour démonter le son naturel de la guitare de Swan. La pédale est dans le board et non dans la boucle. Objectif, transformer le son des micros de la guitare. Et là pas de chichis, on tape dans le frontal, avec uniquement un passe haut et un passe bas, en mode vénère.
- le Diamond Vibrato est une pédale remarquable parce qu'elle suit l'inverse de la logique habituelle : plutôt que de partir d'un chorus poussé à fond pour obtenir un vibrato, elle part du vibrato pur et vous laisse rajouter un soupçon de chorus pour adoucir la modulation. Switch Jazz activé, Dry/Wet à 50 %, une pointe de chorus, c'est le bon reglage pour notre projet.
- Un Cali76 Compact Deluxe en stack. Deux compresseurs qui se parlent, le premier gérant l'attaque, le second le sustain. Peu de gain. En revanche on se met en full wet. Un nouvel étage de dégradation du son. On entre résolument dans les contrées Lo-Fi
On trouve aussi sur son board une Klon KTR Centaur, overdrive transparente, ainsi qu'une une Ibanez Tube Screamer, utilisée non pas pour driver le son (Bruno joue rarement vraiment saturé), mais comme boost sourd et légèrement mat. Un coup de pouce qui vient muscler le signal sans le salir. Pour ce registre de boost propre et coloré, Palf a eu recours au tape préamp qui remplit ce rôle à merveille.
Sur le pédalier livel de Bruno, on voit aussi un noise supressor discret, pas en mode noise gate agressif. Plutôt une sécurité pour gérer les éventuels buzz électriques des différentes salles. Et surtout, comme il semblerait qu'il joue fort à l'ampli, très doucement au niveau des doigts, cela génère une compression naturelle absolument caractéristique, mais peut aussi favoriser les bruits indésirables. Pas nécessaire sur notre board, dans nos conditons.
On vous fait aussi une petite proposition qui tourne à nouveau autour de la Flint. J'en parlais plus haut, pour la reverb, on va partir dans la Grotte, reverb à ressort que vous devez commencer à bien connaitre maintenant sur la chaine. Et pour le Tremolo, on a opté pour une solution full analogique avec la Chill de Jam Pedals. Capable d'explorer les contrées du surf rock, le bouton "depth" permet de se rapprocher du son d'un tremolo d'ampli, plus profond et vibrant. Et c'est ce qui nous intéresse ici.
LE PEDALBOARD DE PALF
Deux versions avant d'en arriver là, quelques semaines de réflexion. L'objectif est clair dès le départ : ne pas copier le board pédale par pédale, mais en capturer l'esprit, cette chaleur, cette modulation douce, cette texture légèrement cassée qui fait qu'on reconnaît le son avant même d'avoir identifié l'artiste. L'ampli pour l'essai est un Kelt Axel Bauer, la guitare est une telecaster Thinline avec des simples bobinages. Et une règle absolue — rester clean à tout prix, ne jamais laisser le gain s'installer.
LO-FI JUNKY
Dans la catégorie des chorus / vibrato à fort caractère, on trouve la Instant Lofi Junky. Présentée dans un format horizontal, mettez tous les potards à midi, et entrez sans plus attendre dans l’univers du lofi. Chaque accord joué, chaque arpège égrené prend immédiatement une couleur plus vintage, avec ce grain très particulier qui nous est cher. Ses cinq potentiomètres affineront et compresseront plus ou moins votre son dry, et son mini switch vous permettra de choisir différentes formes d’ondes. Parfaite pour assombrir un passage, ou dans une utilisation plus classique de chorus ou vibrato, la Instant Lofi Junky fait autorité, et est une référence en la matière.
VIBRATO
La Diamond Vibrato a un nom qui résonne. Un son unique caractérisé par la puce Bucket Brigade Delay (BBD) MN3007 au son riche, organique et vivant des années 70-80 et son circuit de préamplification Compandor qui contrôle la dynamique de votre jeu de guitare. Vous pouvez l’alimenter entre 9 et 18 volts. Le circuits Compador a été revu pour plus de clarté et moins de distorsion indésirable. Un PCB à empilement pour faire entrer la pédale légendaire dans un format standard. Le chemin de signal et l’alimentation ont également fait l’objet d’amélioration pour réduire la génération de bruits parasites à néant. On retrouve l'essentiel de l’original avec quatre potards simples à comprendre et le fameux switch Jazz qui modifie l’égalisation vers un son soit plus Fat soit plus Bright.
CALI 76
La toute dernière version du Cali76 Stacked Compressor continue de placer deux circuits de Cali76 en série dans le même boîtier. Un châssis 17% plus compact, et plus de Headroom pour pousser le taux de compression et le niveau d’entrée sans risquer de faire saturer. Pour ajuster la pédale, 6 réglages: In, Out, Dry, Attack/Release 1, Thru et Attack/Release 2. Les réglages IN et OUT permettent d’ajuster les niveaux d’entrée et de sortie, pour obtenir une compression parallèle très musicale. Les réglages Attack/Release permettent d’ajuster les temps d’attaque et de relâchement de chaque compresseur. entre attaque rapide + relâchement lent, et l’exact inverse. Enfin, THRU ajuste quelle quantité de signal sortant du compresseur 1 rentre dans le compresseur 2.
PARA EQ
EQ paramétrique trois bandes avec passes-haut et passes-bas intégrés. Placé en tout début de chaîne, son rôle n'est pas de sculpter le son global, ça c'est le boulot de l'ingé son. Il s'agit de transformer directement le signal brut de la guitare avant qu'il n'entre dans quoi que ce soit d'autre. Trois bandes paramétriques permettent de choisir fréquence centrale, gain et largeur de bande avec précision. Les filtres passes-haut et passes-bas taillent proprement les extrêmes du spectre, les très basses fréquences qui bourbent, les très hautes qui agressent. Résultat : un spectre resserré, mid-focalisé, qui pose les bases de toute l'esthétique lo-fi jazz du board.
LA GROTTE
La Grotte n’est pas seulement le résultat d’une collaboration idyllique entre une marque boutique française et un artiste américain de premier ordre : c’est aussi une reverb à ressort idéale qui mérite sa place sur n’importe quel pedalboard. évolution de la fameuse Element, la boîte magique qui a remis la vraie reverb à ressort à la mode en 2019, mais avec un voicing et des réglages conçus par Jack White lui-même. Il a donc décidé d’avoir deux volumes séparés pour le son direct et le son traité au lieu d’un simple réglage de Mix, et deux bandes d’EQ (graves et aigus) au lieu d’une simple tonalité, l’idéal pour obtenir de très nombreuses nuances et s’approcher au plus près du grain de ressort recherché.
CHILL
La référence la plus appréciée en matière de trémolo est sans doute celui que l’on trouve dans les amplis Fender blackface du milieu des années 60. C’est donc le trémolo qui a servi de modèle lorsque les ingénieurs grecs de Jam Pedals ont conçu le Chill, qui est depuis devenu une référence du genre. Là où beaucoup d’autres trémolos boutique se perdent en options, switches, mini-switches, tap tempi et autres “améliorations”, le Chill fait dans l’extrême simplicité : un seul son avec courbe sinusoïdale, un réglage de vitesse, un autre de profondeur, et roule ! On retrouve la richesse du trémolo vintage que l’on imagine tous, avec toutes les nuances possibles, d’un effet très lent et discret à un son complètement haché, sans arriver à des sons inutilisables pour autant.
TAPE PREAMP
Le préampli de l’Echoplex EP-3 fut le 1e préampli à transistor. Dès les années 70 ce premier modèle s’est très vite imposé comme l’ingrédient secret, la sauce magique qui a permis aux plus grands de trouver leur patte sonore : de Jimmy Page à Neil Young en passant par Brian May, Eddie Van Halen, Tommy Bolin ou encore Eric Johnson, qui en 2019 encore amenait avec lui un EP-3 sans bande en tournée rien que pour exploiter son préampli. La FX Teacher Tape Preamp reprend fidèlement la personnalité marquée et ultra attachante du préampli de l’Echoplex, cette coloration épaisse sans être trop grasse, dynamique sans être trop agressive, et tout simplement addictive.
Dans la catégorie des chorus / vibrato à fort caractère, on trouve la Instant Lofi Junky. Présentée dans un format horizontal, mettez tous les potards à midi, et entrez sans plus attendre dans l’univers du lofi. Chaque accord joué, chaque arpège égrené prend immédiatement une couleur plus vintage, avec ce grain très particulier qui nous est cher. Ses cinq potentiomètres affineront et compresseront plus ou moins votre son dry, et son mini switch vous permettra de choisir différentes formes d’ondes. Parfaite pour assombrir un passage, ou dans une utilisation plus classique de chorus ou vibrato, la Instant Lofi Junky fait autorité, et est une référence en la matière.
La Diamond Vibrato a un nom qui résonne. Un son unique caractérisé par la puce Bucket Brigade Delay (BBD) MN3007 au son riche, organique et vivant des années 70-80 et son circuit de préamplification Compandor qui contrôle la dynamique de votre jeu de guitare. Vous pouvez l’alimenter entre 9 et 18 volts. Le circuits Compador a été revu pour plus de clarté et moins de distorsion indésirable. Un PCB à empilement pour faire entrer la pédale légendaire dans un format standard. Le chemin de signal et l’alimentation ont également fait l’objet d’amélioration pour réduire la génération de bruits parasites à néant. On retrouve l'essentiel de l’original avec quatre potards simples à comprendre et le fameux switch Jazz qui modifie l’égalisation vers un son soit plus Fat soit plus Bright.
La toute dernière version du Cali76 Stacked Compressor continue de placer deux circuits de Cali76 en série dans le même boîtier. Un châssis 17% plus compact, et plus de Headroom pour pousser le taux de compression et le niveau d’entrée sans risquer de faire saturer. Pour ajuster la pédale, 6 réglages: In, Out, Dry, Attack/Release 1, Thru et Attack/Release 2. Les réglages IN et OUT permettent d’ajuster les niveaux d’entrée et de sortie, pour obtenir une compression parallèle très musicale. Les réglages Attack/Release permettent d’ajuster les temps d’attaque et de relâchement de chaque compresseur. entre attaque rapide + relâchement lent, et l’exact inverse. Enfin, THRU ajuste quelle quantité de signal sortant du compresseur 1 rentre dans le compresseur 2.
EQ paramétrique trois bandes avec passes-haut et passes-bas intégrés. Placé en tout début de chaîne, son rôle n'est pas de sculpter le son global, ça c'est le boulot de l'ingé son. Il s'agit de transformer directement le signal brut de la guitare avant qu'il n'entre dans quoi que ce soit d'autre. Trois bandes paramétriques permettent de choisir fréquence centrale, gain et largeur de bande avec précision. Les filtres passes-haut et passes-bas taillent proprement les extrêmes du spectre, les très basses fréquences qui bourbent, les très hautes qui agressent. Résultat : un spectre resserré, mid-focalisé, qui pose les bases de toute l'esthétique lo-fi jazz du board.
La Grotte n’est pas seulement le résultat d’une collaboration idyllique entre une marque boutique française et un artiste américain de premier ordre : c’est aussi une reverb à ressort idéale qui mérite sa place sur n’importe quel pedalboard. évolution de la fameuse Element, la boîte magique qui a remis la vraie reverb à ressort à la mode en 2019, mais avec un voicing et des réglages conçus par Jack White lui-même. Il a donc décidé d’avoir deux volumes séparés pour le son direct et le son traité au lieu d’un simple réglage de Mix, et deux bandes d’EQ (graves et aigus) au lieu d’une simple tonalité, l’idéal pour obtenir de très nombreuses nuances et s’approcher au plus près du grain de ressort recherché.
La référence la plus appréciée en matière de trémolo est sans doute celui que l’on trouve dans les amplis Fender blackface du milieu des années 60. C’est donc le trémolo qui a servi de modèle lorsque les ingénieurs grecs de Jam Pedals ont conçu le Chill, qui est depuis devenu une référence du genre. Là où beaucoup d’autres trémolos boutique se perdent en options, switches, mini-switches, tap tempi et autres “améliorations”, le Chill fait dans l’extrême simplicité : un seul son avec courbe sinusoïdale, un réglage de vitesse, un autre de profondeur, et roule ! On retrouve la richesse du trémolo vintage que l’on imagine tous, avec toutes les nuances possibles, d’un effet très lent et discret à un son complètement haché, sans arriver à des sons inutilisables pour autant.
Le préampli de l’Echoplex EP-3 fut le 1e préampli à transistor. Dès les années 70 ce premier modèle s’est très vite imposé comme l’ingrédient secret, la sauce magique qui a permis aux plus grands de trouver leur patte sonore : de Jimmy Page à Neil Young en passant par Brian May, Eddie Van Halen, Tommy Bolin ou encore Eric Johnson, qui en 2019 encore amenait avec lui un EP-3 sans bande en tournée rien que pour exploiter son préampli. La FX Teacher Tape Preamp reprend fidèlement la personnalité marquée et ultra attachante du préampli de l’Echoplex, cette coloration épaisse sans être trop grasse, dynamique sans être trop agressive, et tout simplement addictive.
Bruno Major, vous allez aimer prendre des claques
Il y a quelque chose de profondément contre-culturel dans ce que fait Bruno Major. À une époque où la production musicale n'a jamais été aussi parfaite, aussi lissée, aussi optimisée pour l'algorithme et les trente premières secondes d'écoute, cet homme choisit délibérément l'imperfection, la texture, le temps long. Il écrit une chanson par mois pendant un an et il appelle ça un album. Il enregistre dans des lieux inattendus des enchainements d'accords qui ne se répètent jamais à l'identique, et assume les imperfections de la prise. Mieux encore, il cherche les accrocs et les cicatrices comme un Cole Porter cherchait la bagarre.
Ce faisant, il pose une question que beaucoup de musiciens rechignent à envisager : à quoi sert la perfection technique si elle écrase la vérité émotionnelle ? Joe Pass avait ses démons. Cole Porter avait ses douleurs. Bruno Major, lui, a sa cuisine. Et dans cette cuisine, quelque chose se passe qui échappe à toutes les règles établies de la "bonne" production. La question n'est plus de savoir si c'est propre, si c'est réussi. Bruno veut juste que cela soit "vrai". Un peu comme une bonne tarte ... dans la gueule.
C'est peut-être ça, finalement, le vrai son de Bruno Major. Pas une fréquence, pas un réglage, pas une pédale. Une façon d'être présent dans le moment de la création, sans filet, sans retouche. Dans un monde qui cherche à tout optimiser, c'est presque un acte de résistance. Et ça, aucun pedalboard ne peut vraiment le capturer. Mais on a quand même essayé, et franchement, on s'est bien amusés !
Ce billet de blog est librement inspiré de la vidéo ci-dessous
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