
La Jordan Boss Tone est apparue en 1966 en Californie, l’endroit et le moment parfait pour cette fuzz qui est rapidement devenue un standard pour les guitaristes américains. Il s’agissait en fait d’une petite boîte qui se branchait directement sur la sortie de la guitare avec deux transistors silicium et deux réglages (volume et gain), et son rendu à la fois criard et gras a convaincu de nombreux artistes comme ZZ Top, The Black Keys ou Norman Greenbaum. Il faut dire qu’il s’agit en plus d’un circuit particulièrement sensible à l’intensité de l’attaque et qui peut donc donner dans l’énorme crunch touffu si on ne le remue pas trop. De nombreuses pédales se sont inspirées de la Boss Tone en corrigeant ses défauts les plus évidents (le boîtier plastique et le manque de graves), comme la Voodoo Lab Superfuzz ou la Electro Harmonix Satisfaction.
Mais la KMA Fuzzly Bear 2 est sans doute la plus réussie du lot. La Fuzzly Bear était la toute première pédale conçue par les berlinois de KMA, et ils ont gardé une affection particulière pour ce circuit de fuzz inhabituel et très efficace. La Fuzzly Bear 2 propose donc le même circuit à transistors à deux réglages (dont un gain qui a une plage d’action très large), avec un troisième potard de bias qui peut changer radicalement la personnalité du son : le côté Skin est plus fin et tranchant même s’il reste plein de poils, tandis que le côté Meat est plus épais et plein de viande. C’est presque comme une Tone à l’envers, mais le rendu est plus musical.
Même si vous êtes fan de fuzz et collectionneur, il est possible que vous n’ayez pas encore goûté aux plaisirs rares de la Boss Tone. Tant qu’à faire, choisissez donc la bonne version, cette redoutable KMA Fuzzly Bear 2.








