
Cette re-création de la légendaire Binson Echorec est un véritable serpent de mer du monde des effets boutique. La marque danoise T-Rex Engineering, que l’on connaissait déjà pour ses échos à bande faisant appel à des cassettes (la série Replicator), avait déjà présenté des prototypes de l’engin à différents salons dès 2017. Après six ans de développement, voici enfin le résultat, qui en valait à n’en pas douter la chandelle : un Binson Echorec plus vrai que nature, mieux assemblé et largement plus fiable que l’original.
L’original vous dîtes ? Eh oui, à l’origine Binson est une marque italienne qui a conçu un echo d’un genre nouveau au milieu des années 50. Au lieu de faire appel à de la bande, le Binson Echorec fonctionnait avec un disque magnétique, un tambour rotatif central. C’est l’engin qu’a choisi Hank Marvin des Shadows pour enregistrer le son légendaire que chassent encore de nombreux musiciens à l’heure actuelle, et parmi les fans de Marvin il y avait bien sûr David Gilmour, qui a encore renforcé la légende de l’Echorec en l’utilisant comme delay principal pour les premiers grands albums de Pink Floyd. C’est l’écho que l’on entend sur “Echoes” (ça ne s’invente pas) et qu’on le voit tripoter dans le fameux live à Pompéi. C’était d’ailleurs aussi l’écho de Syd Barrett lors des débuts du groupe, et celui du claviériste Richard Wright.
Sauf que les Echorec d’époques sont difficiles à trouver, chers, et pas toujours compatibles niveau son et fiabilité avec un système moderne. T-Rex a racheté les droits du nom Binson Echorec, et ils proposent désormais la meilleure version possible de cet engin de légende. Aucun compromis n’a été fait, et le développement a été aussi long et coûteux que nécessaire pour parvenir au delay ultime. Il s’agit donc désormais d’une pédale footswitchable (plutôt qu’une grosse boîte à poser sur son ampli), avec quatre têtes de lecture activables indépendamment, un réglage de volume et un autre du niveau d’enregistrement (pour saturer plus ou moins), un réglage de la vitesse de rotation du tambour, du nombre de répétitions, et du caractère plus ou moins sombre des répétitions, ainsi qu’un switch pour activer la fonction “swell” de l’écho original qui donne des répétitions qui montent lorsque l’on ne joue plus. On retrouve même à l’avant sur le côté la fameuse diode témoin “magic eye” qui indique l’intensité du niveau d’entrée et qui rend l’écho immédiatement identifiable.
Au-delà de cette fidélité, c’est le son qui importe, et en jouant sur la T-Rex Binson Echorec on comprend vite le succès de l’original, tant son écho est musical, épais et inspirant. Oubliez les émulations, aussi fidèles soient-elles (je t’aimais bien petite Strymon Volante), le patron des échos est de retour.








