
Chez Audio Kitchen, on pourrait s’attendre à une austère électronique britannique réservée aux studios capitonnés. Pourtant, la marque fréquentée par David Gilmour, Noel Gallagher, The Edge ou Jamie Cook préfère présenter ses créations dans des boîtiers bruts couverts de dessins dignes d’un cahier d’écolier.
Et avec The Flying Squirrel, l’enfant a visiblement renversé toute la cuisine. Cette imposante pédale a été développée avec une ambition assumée : créer le drive/fuzz le plus gros, riche, sirupeux et chargé en harmoniques possible. Audio Kitchen prévient d’ailleurs que ce n’est pas exactement une pédale destinée à être jugée dans des écouteurs : il faut des enceintes sérieuses, du volume et un peu d’air à déplacer. La philosophie sonore prolonge les territoires les plus extrêmes de la The Big Trees de la même marque, mais pousse le concept vers une saturation beaucoup plus sauvage. On quitte progressivement le drive généreux pour entrer dans des textures de fuzz massives, abrasives et volontairement excessives. Le fabricant la décrit lui-même avec une image délicieusement peu raisonnable : si The Big Trees évoque une tempête automnale traversant une forêt, The Flying Squirrel serait plutôt une meute d’animaux enragés griffant un tableau noir. On vous avait prévenu : grande cuisine, pas nécessairement grande retenue.
Et son CV a commencé avant même sa commercialisation : Dave Grohl a utilisé son prototype pour le riff principal de “Run” des Foo Fighters.
The Flying Squirrel n’est donc pas la petite overdrive raisonnable chargée d’assaisonner discrètement votre ampli. C’est plutôt le cuisinier qui vide le pot d’épices entier, augmente le feu et vous demande de reculer.








