
Il existe certaines pédales qui dépassent largement le simple statut d’effet pour devenir un sujet qui succite autant de bagarre que parler politique à un repas de famille.
Depuis l’apparition de la mythique Ibanez Tube Screamer TS808 puis de sa célèbre descendante Ibanez Tube Screamer TS9, le fameux circuit à base de JRC4558 est devenu l’un des piliers absolus du son guitare moderne. D’abord adulé par les amateurs de blues texan façon Stevie Ray Vaughan, il a ensuite accompli un exploit assez fascinant : devenir également l’arme secrète des guitaristes metal qui l’utilisent encore aujourd’hui devant des amplis high gain pour resserrer les basses, améliorer l’attaque et… naturellement… gonfler les solos. La Greer Amps Mori Drive reprend précisément cette architecture légendaire… mais refuse de s’arrêter à la simple copie nostalgique qui fait légion chez les fabriquants boutique. Nick Greer a entièrement retravaillé le circuit afin de positionner ce fameux mid-hump dans une zone fréquentielle particulièrement musicale, plus naturelle et plus agréable à l’oreille qu’une Tube Screamer traditionnelle. Le résultat offre immédiatement plus de headroom, davantage de volume disponible et une compression beaucoup plus fluide. Le clipping a lui aussi été repensé pour obtenir une saturation plus douce, plus organique, qui se marie parfaitement avec un ampli déjà poussé en edge of breakup ou avec d’autres overdrives en gain stacking. Et c’est précisément là que la Mori Drive impressionne. Elle fonctionne littéralement avec tout. Clean boost subtil, overdrive toujours active en always-on, coloration harmonique, solo boost, épaississement du signal avant un ampli saturé… Elle semble systématiquement trouver sa place dans la chaîne.
Cette pédale ne cherche pas à recréer une Tube Screamer point par point. Elle corrige poliment cinquante ans de débats entre guitaristes Obsessionnels. Et ça.. C’est déjà un travail assez colossal.






