
Historiquement, la Proco Turbo RAT est la première véritable variation sur le thème de la RAT. La distortion de Kalamazoo dans le Michigan avait déjà séduit de très nombreux guitaristes depuis sa sortie en 1979 (Jeff Beck, Joe Perry, Cobain un peu plus tard), et un employé de la marque, Gerry “Grape” Carpenter, cherchait un moyen d’utiliser la RAT sur son Marshall déjà bien saturé sans que le son ne devienne trop sale et bordélique. C’est alors qu’il a eu l’idée les diodes silicium d’origine par des LED, ce qui a donné un crunch moins compressé, avec un niveau de sortie doublé. À l’heure actuelle, ce procédé est extrêmement courant parmi les overdrive et les booster, mais en 1989 c’était une idée tout à fait originale. D’ailleurs, c’est cette même année qu’est sortie la Marshall Guv’nor qui fait appel à la même technologie.
La Proco Turbo RAT a donc été la première déclinaison d’une gamme qui a en a depuis connu de nombreuses, mais son nom est trompeur : on imagine que “Turbo” veut dire plus de gain, alors que l’on a plutôt accès à une réserve de volume colossale. Pour plus de saleté, il faudra plutôt regarder du côté de la You Dirty RAT. Bien sûr, la Proco Turbo RAT employée seule est passionnante, on retrouve la disto typique de la série en hard-clipping avec un léger creux dans les médiums, mais c’est en stacking que ce modèle brille tout particulièrement, soit pour pousser un ampli crunchy de l’autre côté du précipice, soit pour pousser une disto dans ses retranchements les plus fluides.
Depuis 1989, la Proco Turbo RAT s’est imposée comme une voix différente et complémentaire de la RAT, tout aussi excitante et plus nuancée.








