
Bienvenue dans un entre-deux étrange, là où votre pedalboard commence à murmurer des choses qu’il n’avait jamais dites auparavant. La Placeholder est une expérience… légèrement déroutante, souvent magnifique, parfois un peu inquiétante (mais dans le bon sens, promis).
Au cœur de cette pédale, on retrouve les mythiques circuits à Bucket Brigade Device (BBD). Ah, les BBD… ces composants analogiques imparfaits, bruyants, capricieux — et pourtant absolument vivants. Là où le numérique calcule, le BBD respire. Il introduit du grain, du flou, de l’incertitude… bref, tout ce qui fait qu’un son devient intéressant. La Placeholder pousse le concept encore plus loin : elle recrée un algorithme de reverb numérique… mais en full analogique. Oui, vous avez bien lu. Trois lignes de délai BBD interconnectées via une matrice Householder génèrent une densité d’échos rapide et organique. Résultat : une reverb qui n’est pas un delay déguisé, mais une véritable pièce sonore, capable de sonner tantôt comme une salle de bain cosmique, tantôt comme une dimension parallèle un peu floue. Les contrôles (Size, Ratio, Mix, Tone, Decay) vous permettent de gérer cet espace sans presets, ici, tout est à l’oreille et au ressenti. Et quand ça part en auto-oscillation… C’est le bonheur!
Il y a du bruit. C’est instable. Mais c’est précisément là que réside la beauté de cette pédale : dans cette tension entre contrôle et chaos. Une reverb pour ceux qui préfèrent explorer plutôt que simplement “ajouter de l’ambiance”.






