
La marque de Portland Catalinbread a en grande partie bâti sa réputation sur son talent indéniable pour les overdrives de type amp-in-a-box, des reproductions d’amplis légendaires parfaites pour varier ses textures sonores sans avoir à apporter des multiples amplis, simplement à partir d’une base clean relativement standard (comprendre : pas trop loin d’un Fender blackface). Il y a eu Marshall avec la Dirty Little Secret, Hiwatt avec la RAH, Laney avec la Sabbra Cadabra, Ampeg avec la SFT ou encore Vox avec la Galileo, et voici la dernière venue de l’excellente série Formula.
Les Catalinbread Formula sont en fait des amp-in-a-box inspirés par les Fender tweed. Ce terme désigne les premiers amplis Fender fabriqués de façon importante, tous les modèles des années 50 avant le passage au brownface des années 60. Les tweed avaient en commun de cruncher très vite et de s’écraser dans les graves de façon très musicale. Leur compression et leur “sag” en ont fait des incontournables pour le rock, le blues, le rhythm n’ blues, la soul et tout autre style dans lequel on cherche une overdrive granuleuse et dynamique.
Après la Formula 5F6 qui reprenait le son du Bassman de 1959, la Formula 55 qui reprenait celui du Deluxe de 1955, et voici donc la Catalinbread Formula 51 qui propose un modèle qui a beaucoup moins été cloné que les deux autres, le Fender Champ tweed. Ce petit ampli ne faisait que 5 watts et avait un haut-parleur de six pouces, ce qui le destinait à l’origine aux débutants. Sauf que les rock stars comme Eric Clapton, Jeff Beck, Joe Walsh ou Billy Gibbons se sont vite rendus compte qu’il suffisait de pousser le réglage unique d’un Champ, son volume, et qu’il produisait une overdrive crémeuse et rauque à la fois, le tout sans péter les oreilles de tout le monde. C’est ainsi que le Champ est devenu une arme secrète de studio pour de nombreux musiciens, en particulier le modèle d’après 1955 avec le fameux circuit 5F1.
5F1 donc Formula 51 : c’est bien cette version que Catalinbread a reproduite dans les moindres détails, avec non seulement un étage de préampli, mais aussi un étage de puissance discret et un vrai transformateur que l’on peut malmener avec le réglage “Sag” pour bien faire baver les graves. On s’approche de l’original avec un niveau de réalisme inédit, et le réglage de tonalité très bien conçu permet de creuser progressivement les médiums pour arriver au son du Champ de l’époque blackface.
Vous cherchez l’overdrive tweedesque ultime mais n’avez pas envie de ne jouer qu’avec ce son ? Alors la Catalinbread Formula 51 vous ouvrira les portes de ce royaume sans sacrifier ce qui fait l’essence de ce grain sonore si séduisant.








