
Les québécois de Fairfield Circuitry ne font rien comme les autres, et c’est tant mieux. On parle quand même d’une marque qui, sur dix pédales au catalogue au total, compte deux fuzz, un ring modulator et une boucle de feedback. Ils n’allaient donc pas nous proposer une overdrive en nous faisant le coup de la Tube Screamer revisitée. Si la Barbershop s’est installée comme une référence de l’overdrive boutique moderne (au point qu’elle fait partie de la gamme de la marque depuis une dizaine d’années), c’est parce qu’elle fait effectivement ce que la plupart des autres modèles promettent : sans être un amp-in-a-box précis, la Fairfield Circuitry Barbershop reproduit le crunch plus ou moins prononcé d’un ampli dont les lampes commencent à rougir. On retrouve la dynamique, la réactivité, la richesse harmonique et la musicalité d’un petit combo vintage sans en subir le comportement tempéramental.
Pour ce faire, le circuit de la Barbershop fait appel à des JFET, et il n’y a que trois réglages. Le volume fait ce qu’on attend, le gain va du clean boost à la franche overdrive bien marquée, et le troisième bouton ne contrôle pas la tonalité : c’est un réglage de Sag, c’est à dire de voltage interne de la pédale. À fond, elle est à son plus brillant, son plus cinglant, son plus rapide dans l’attaque ainsi que son volume maximal. Plus on baisse, plus le drive devient spongieux, plus sombre, plus sale et gagne cette attaque plus floue qui fait les beaux crunchs à l’ancienne. La possibilité de doser ce paramètre crucial fait de la Fairfield Circuitry Barbershop une overdrive extrêmement flexible.
Mais la version la plus récente a aussi rajouté un switch à trois positions qui permet de couper progressivement les aigus par rapport à la pédale originale, une bonne manière de calmer sa brillance si l’on se branche dans un ampli déjà bien chargé en aigus. La Fairfield Circuitry Barbershop est une pédale qui a provoqué un tel engouement chez les malades de matos qu’elle existe aussi en version “always on” sans footswitch. Ça vous donne une bonne idée d’à quel point elle se révèle addictive pour peu que l’on passe un peu de temps avec elle.








