
Certains guitaristes utilisent la wah comme un effet. Chez Jerry Cantrell, elle fait partie d'un vocabulaire construit pendant plusieurs décennies autour du riff, de la tension et d'une guitare capable d'être simultanément massive et expressive.
Autant dire qu'une Cry Baby signature n'a ici rien d'un simple exercice marketing. Cofondateur d'Alice in Chains à Seattle en 1987, Cantrell en est devenu le principal guitariste et l'un des compositeurs essentiels, participant à façonner ce mélange immédiatement reconnaissable de riffs lourds, d'atmosphères sombres et d'harmonies vocales. À cela s'ajoute une carrière solo marquée notamment par Boggy Depot, Degradation Trip et, plus récemment, I Want Blood. C'est précisément l'univers de ce dernier que Dunlop transpose sur cette édition spéciale de la Jerry Cantrell Cry Baby Wah. La finition noire et rouge reprend l'identité visuelle de l'album, avec une semelle moulée spécifiquement à partir de son artwork. Dunlop pousse même le détail jusqu'à imprimer les paroles complètes du titre I Want Blood sur la plaque inférieure. Mais une signature Cantrell doit surtout fonctionner lorsqu'on pose le pied dessus. Le voicing a été pensé autour d'un son serré et percutant en position talon, particulièrement adapté à la densité de ses riffs. Sur le côté de la pédale, un contrôle permet ensuite d'ajuster précisément la fréquence atteinte en position toe-down. Ce réglage est loin d'être anecdotique : il permet de déterminer jusqu'où la wah remonte dans le spectre et donc d'adapter son mordant à votre guitare, votre ampli, votre saturation ou simplement à la place que vous souhaitez lui donner dans le mix. Et difficile de choisir meilleur ambassadeur pour ce genre d'outil. Cantrell possède cette capacité rare à faire cohabiter poids du metal, rugosité alternative, mélodie et sens du riff, sans que l'un prenne complètement le dessus sur les autres. La Jerry Cantrell I Want Blood Cry Baby célèbre précisément cette personnalité : sombre, immédiatement identifiable et suffisamment expressive pour ne jamais se limiter au simple « wah-wah ».
Dunlop l'appelle I Want Blood. Avec Jerry Cantrell derrière la semelle, difficile de leur reprocher d'avoir manqué de mordant.





