
Quelque part dans un futur imaginé en 1968, des ingénieurs en blouse blanche ont probablement décidé qu’un pedalboard devait contenir son propre ampli, son haut-parleur et son microphone. La capsule s’est manifestement perdue dans l’espace-temps avant de s’écraser chez Death By Audio et Rainger FX : voici AMP CRASH.
Et le concept est encore plus étrange qu’il n’y paraît. À l’intérieur se trouvent un véritable amplificateur de 3 watts, un haut-parleur de 2 pouces et un microphone chargé de l’enregistrer. Ce n’est donc pas une simulation numérique de haut-parleur : l’ampli fait réellement bouger une membrane, celle-ci déplace réellement de l’air et le microphone récupère physiquement le résultat. C’est précisément cette interaction qui génère compression, harmoniques, saturation et surtout des phénomènes de feedback impossible à reproduire avec une pédale conventionnelle. GAIN pilote l’amplificateur interne. À mesure qu’on le pousse, le petit système commence à saturer jusqu’à la zone OVERLOAD, où distorsions féroces et oscillations deviennent possibles. TONE fait évoluer son égalisation d’un caractère profond et chargé en graves vers une réponse plus brillante et focalisée. Le plus intéressant vient ensuite du mélange de deux mondes. DI OUT règle la quantité de signal direct provenant de l’ampli et MIC OUT dose le véritable signal capté par le microphone interne. Un MIC GATE, déclenché par le signal d’entrée de l’instrument, permet de calmer le bruit de cette petite expérience scientifique lorsqu’elle commence à développer une vie propre. Et puisque le vaisseau n’était manifestement pas assez équipé, AMP CRASH embarque trois effets. Reverb passe d’une petite pièce à une immense caverne ; Echo propose un delay d’inspiration tape echo ; Chorus évolue d’un flanging métallique jusqu’à une modulation ample et tridimensionnelle. DEPTH adapte son rôle à l’effet choisi : mix de Reverb, mix et feedback de l’Echo ou profondeur du Chorus. À zéro, la section SFX disparaît complètement.
AMP CRASH peut ainsi servir d’outil d’enregistrement, mini-ampli de pratique, générateur de fuzz, plateforme de feedback ou laboratoire de sound design directement intégré au pedalboard. En 1968, on imaginait des voitures volantes pour le futur. Death By Audio a préféré mettre un ampli repiqué dans une pédale. Finalement, c’était peut-être la bonne ligne temporelle.








