
Certains effets stéréo ressemblent à des tableaux de bord : plusieurs paramètres, différents algorithmes et suffisamment de réglages pour passer vingt minutes à chercher l'horizon. Velvet Noise possède un potard. Voilà!
Cette simplicité presque insolente cache pourtant une approche particulièrement sophistiquée de l'élargissement stéréo. Plutôt que d'utiliser les habituels décalages de phase, délais ou manipulations fréquentielles pour donner artificiellement l'impression que le paysage s'étend, Alexander s'appuie sur des recherches concernant la manière dont notre cerveau perçoit réellement l'espace. Le procédé utilisé est appelé velvet-noise decorrelation. Au lieu de considérer les canaux gauche et droit comme une même image qu'il faudrait tirer par les extrémités, le circuit les rend progressivement moins similaires l'un à l'autre, reproduisant davantage la façon dont un véritable espace acoustique disperse naturellement le son. Le centre reste stable tandis que les côtés semblent s'éloigner. Et voici notre grande prairie. À gauche du potentiomètre, votre signal reste intact. Tournez progressivement vers la droite et l'espace s'ouvre : quelques mètres d'abord, puis le champ, puis la plaine entière. Aux réglages les plus élevés, une modulation subtile apparaît afin d'obtenir une séparation encore plus importante. Alexander annonce pas d'étrangetés de phase, pas de pumping et une latence minimale, avec un élargissement conçu pour mieux survivre au passage en mono et au mixage. L'électronique n'est pas oubliée : préampli d'entrée JFET discret, section analogique optimisée pour limiter le bruit, bypass bufferisé à commutation soft-touch et connectique montée sur le dessus. Entrée et sortie TRS acceptent les configurations mono ou stéréo. Attention toutefois : pour entendre l'effet, il faut obligatoirement disposer d'une chaîne d'amplification ou d'écoute stéréo. En mono, le Velvet Noise laisse passer le signal, mais la grande prairie redevient fatalement un chemin à une voie.
Un bouton. Pas de menu. Pas de deuxième page. Même pas un petit toggle histoire de nous rassurer. Alexander vous donne toute la largeur de l'horizon et considère visiblement qu'un seul potard suffit pour y aller.








