
Il ne faut pas confondre Pitch Shifter et Octaver. Un Pitch Shifter est un programme de DSP numérique qui décale tout simplement votre son d’une hauteur réglable. Vous pouvez donc vous désaccorder virtuellement d’un demi-ton, ou ajoutez un son à l’octave inférieure ou supérieure en plus de votre son d’origine. Un Octaver est un effet à la fois beaucoup plus simple puisqu’il ne permet pas d’autres intervalles que l’octave, mais aussi beaucoup plus compliqué puisque les octaves en question sont obtenues par un jeu de filtres d’un circuit analogique. Le résultat est donc très différent : plus gros, plus vivant, et bien sûr moins précis et monophonique (autrement dit, dès que vous jouez deux notes à la fois, le système glitche, mais ce glitch peut d’ailleurs être musicalement intéressant !).
Les berlinois de KMA Machines ont clairement choisi le deuxième camp, puisqu’ils sont amateurs de gros son plutôt vintage et d’expérimentations sonores bien organiques. Le Moai Maea est donc un octaver à l’ancienne, un peu comme une évolution suprême de l’OC-2 de Boss. Les trois footswitches permettent d’activer séparément les différents intervalles, dont le “drone” (octave inférieure et surtout deux octaves en dessous, monstrueux) et le “shriek”, qui est une octave up fuzzy qui n’est pas sans rappeler le Green Ringer de Dan Armstrong ou l’Octafuzz. Les volumes respectifs des octaves sont réglables, ainsi que le son dry d’origine, que l’on peut donc supprimer pour des sons les plus barrés possibles.
Même les statues de l’île de Pâques du visuel de cette pédale sont étonnées d’entendre à quel point la KMA Machines Moai Maea est capable d’un son absolument colossal. Méfiez vous : une fois qu’elle sera enclenchée, vous allez avoir beaucoup de mal à riffer sans elle.








